Repose en paix...
Aller profaner les tombes des morts pendant que dorment les
vivants, c'est vouloir atteindre indirectement ces derniers tout en brisant un tabou, celui du respect dû aux morts. Ne faudrait-il pas, avant toute chose, extirper aux
profanateurs leur haine des vivants ? Indépendamment de toutes les raisons avouées qui les poussent à agir de la sorte, leur violence est d'autant plus aveugle qu'elle frappe,
vivants ou morts, des anonymes.
Toutes les religions partagent la croyance en une vie après la mort. En interrompant ce repos, les profanateurs veulent priver le défunt de cet ' après' pour des raisons
anti-religieuses ou racistes, les satanistes et néonazis étant les deux profils les plus courants de profanateurs.
D'une façon générale, il s'agit souvent de jeunes gens et de jeunes filles qui ont le simple désir de s'affirmer et de se
venger du monde des adultes. Les expertises psychologiques le prouvent. Il y a chez eux un rejet des dogmes religieux en même temps qu'une attirance mortifère. S’agit-il de
christianophobie ? d'islamophobie, d'antisémistisme ? Ceux qui s'indignent ne devraient pas avoir une indignation sélective mais ils devraient réagir de la même façon quelle que
soit la religion visée pour mieux connaître leurs vraies motivations.
Il peut s'agir aussi d'un acte isolé ce qui semble être le cas dans la profanation des deux cent quarante-six
tombes dégradées du cimetière d'Elne près de Perpignan. Arrêté lundi 2 juin, le jeune homme présumé a avoué lui-même en téléphonant à la gendarmerie et a indiqué le
lieu où il avait caché le reste de la peinture avec laquelle il a maculé les tombes. Remis en liberté sous contrôle judiciaire, une expertise psychiatrique a été pratiquée, mais le vice-procureur
de la République, a indiqué mardi que ses résultats ne seraient pas rendus publics.