CAMERA CACHEE,JOURNALISTES INFILTRES
Le comportement des gens est différent s'ils savent ou non qu'ils
sont filmés . C'est une évidence. A partir de là, lorsqu'une une équipe de journalistes veut dénoncer une situation insupportable, a-t-elle le droit de le faire sans l'autorisation des
personnes qui en sont les acteurs qu'elles soient ou non floutées et de manière à ce que le lieu ne soit pas reconnaissable ? ( A noter qu' il y aura toujours un ou
plusieurs auditeurs qui seront capables de reconnaître les lieux et comme les nouvelles vont vite, des têtes tomberont sans doute à juste titre mais...)
Hier soir sur France 2, David Pujadas a présenté une nouvelle émission tournée en maison de retraite suivie d'un débat. Le but est de dénoncer la maltraitance passive, le désintérêt et
l'indifférence de l'équipe des soignants par rapport aux pensionnaires des maisons de retraite en fin de vie. Elle sera suivie d'autres émissions attendant en
coulisse d'être mises à l'écran, notamment sur les sans papiers, les journaux people...
Cette émission nommée " Les Infiltrés " suscite fort justement la polémique.
Comment se déroule le scénario ? un
journaliste, munie d'une caméra cachée espionne infiltre un secteur en s’y faisant embaucher
pour quelques temps et filme les scènes de la vie habituelle, accablantes parfois pour l'équipe des soignants.
Après ou sans avoir vu l'émission et que vous ayez ou non envie de voir la suivante, les journalistes ont-ils à votre avis de bonnes raisons d'agir ainsi ? Leur trouvez-vous des
excuses ?
Penseriez-vous plutôt que ce sont des procédés condamnables de même que ceux des officines qui espionnent les hommes politiques dans leur vie privée avec ou sans
caméra cachée et qui suscitent tant d'indignation ?
Chartre des journalistes français (1818 révisée en 1938)
Un journaliste, digne de ce nom,
- prend la responsabilité de tous ses écrits, même anonymes ;
- tient la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ;
-ne reconnaît que la juridiction de ses pairs, souveraine en matière d’honneur professionnel ;
- n’accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle ;
s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux pour obtenir une
information ou surprendre la bonne foi de quiconque ;
-ne touche pas d’argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité de
journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;
-ne signe pas de son nom des articles de réclame commerciale ou financière ;
-ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque ;
- ne sollicite pas la place d’un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler à des conditions inférieures ;
-garde le secret professionnel ;
- n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
-revendique la liberté de publier honnêtement ses informations ;
-tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières ;
ne confond pas son rôle avec celui du policier.