UN HOMME POLITIQUE FRANCAIS
En France, serions-nous capables de choisir un Président issu d'une minorité
visible ? Cette question a alimenté toutes les émissions politiques de la semaine. A la demande des incrédules, les instituts de sondage l'ont posée après l'élection de
B.Obama.
Personnellement je me suis demandée si elle était pertinente et si dans tous les pays de tous les continents elle avait été posée avec des
variantes spécifiques ? Les africains pourraient ils choisir un président venu de Chine mais qui a opté pour la nationalité du pays ? Les communistes chinois pourraient - ils voter
pour un européen ? Les anglais pour un pakistanais issu de l'immigration...?
Restons en France, et prenons l'exemple de Gaston de Monnerville. Qui s'est jamais préoccupé de savoir s'il était blanc, noir, jaune ou vert ? Personne à ma connaissance. Une seule
évidence : il était à sa place me confirment ceux qui s'intéressaient à la chose publique à son époque.
A quelques mois près, cet grand homme politique français, Président du Sénat de 1959 à 1968 aurait pu
devenir Président de la République par intérim après le départ de De Gaulle . Quelques mois plus tôt, il était le 3e personnage de l'Etat sans que personne n'en soit
offusqué.
" Petit fils d'esclave né à Cayenne, étudiant aux facultés de
Lettres et de Droit de Toulouse, Gaston Monnerville, passa à la fois sa licence ès lettres et sa licence en droit, avec les félicitations du jury. C'est
également avec les félicitations du jury qu'il est reçu, en 1921, docteur en droit, après avoir soutenu une thèse sur « L'enrichissement sans cause ». Celle-ci est honorée d'une
souscription du ministère de l'Instruction Publique et primée, la même année, au concours des Thèses. "
Pourquoi en parler aujourd'hui ? Parce que je pense qu'il faut cesser de nous complaire dans un questionnement malsain qui nous renvoie une fausse image de
nous -mêmes. Pour aller de l'avant, voyons-nous tels que nous sommes et ne nous encombrons pas de préjugés qui ne sont pas les notres.
Ceux qui refusent de voir qu'un être humain s'évalue à ses qualités de coeur et d'intelligence et non pas à son apparence physique existent dans notre pays comme dans
tous les pays du monde. Mais ils ne sont qu'une minorité. Pourquoi leur accorder une telle importance au risque de nous confiner dans une repentance morbide qui ne concerne
nullement la très grande majorité d'entre nous ? Cette repentance fausse la donne et nous empêche de relever tous ensemble et sainement les défis du 21e siècle.
Les résultats de ce sondage montre que l'apparence physique
ne joue en rien dans les choix de la majorité des français, ce qui me conforte dans mon idée, même si comme tous les sondages, celui-ci est à interpréter avec
précaution.