DO YOU SPEAK ENGLISH ?
Mon mari fait actuellement un stage d'anglais dans le cadre du dispositif chéquiers -langues financé par
le Conseil régional de l'Ile de France. Il est hyper-motivé, non seulement parce qu'il va pouvoir en tirer un bénéfice professionnel, mais aussi parce qu'au cours de sa scolarité ici ou ailleurs
(surtout ailleurs) , on ne lui a enseigné que le français, l'arabe et l'hébreu. Son regret de ne parler anglais qu'à partir des films en VO, des disques des
Beatles ou des Rolling Stones était intact. Aussi fait-il ce stage avec le plus grand sérieux. Avec lui, une dizaine de participants encadrés par des professeurs
venant de tous horizons.
Hier soir il est rentré en râlant contre son groupe en conflit avec leur prof américaine. Elle a essayé de mettre de l'ordre, a exigé que les portables soient éteints,
que les participants arrivent à l'heure et que le travail à faire à la maison soit effectivement fait. Le groupe se rebelle.
Après m'avoir décrit l'ambiance, il a ajouté :
- Quand on pense que certains enfants africains font des kilomètres pour aller dans des classes surchargées mûs par le désir d'apprendre, je trouve qu'ils exagèrent !
- Pourquoi tu dis ça, les participants sont tous africains ?
-En gros oui, du Centre Afrique, du Sénégal, quelques marocains...
- Pas un seul français de souche ?
- Si, il y en a un... mais quand on lui demande de quel pays il vient, il répond : Bretagne. La prof écrit Great Britain au tableau. (1)
Rires...
Les temps ont changé. Je me souviens des cours d'alphabétisation que je donnais il y a quelques années,
du sérieux de mes élèves adultes, de leur joie quand ils commençaient à savoir lire et écrire et des remerciements chaleureux que je recevais de leur part, même si je n'y étais
pas pour grand chose. Seule importait leur soif d'apprendre.
(1) Bretagne = Brittany