LES LOIS JUSTES
J'ai vu lundi soir sur Arte " Deux hommes dans
la ville " un film de José Giovanni sorti en 1973 avec Jean Gabin et Alain Delon. Ce dernier joue le rôle d'un ancien truand libéré, Gino, qui a été condamné pour une attaque de banque et
qui sort de prison dix ans plus tard. Grâce à Jean Gabin, éducateur, qui le chaperonne à sa sortie et avec qui il noue des liens d'amitié, il réussit à se réintégrer dans la société.
Sa vie bascule quand le policier qui l'a arrêté commence à le harceler et le suit partout en faisant le pari qu'il va retomber dans la grande délinquance. Il se rend même chez
Gino et s'acharne sur la compagne de ce dernier. Alors qu'il entre dans son appartement, Gino l'entend la menacer et ne pouvant plus se contenir, il étrangle le policier. Le film
, tourné en 1973, se termine par une scène d'exécution à la guillotine. Il y a dans ce film deux scènes d'une violence insoutenable, celle où Gino tue de ses mains le policier alors que sa
compagne hurle à ces côtés en lui demandant d'arrêter et celle qui, en réponse à ce meurtre, nous montre en détails les préparatifs jusqu'au moment fatal de l'exécution à la
guillotine.
Véritable plaidoyer contre la peine de mort, réponse barbare de la société à une barbarie individuelle lorsque le mot ' FIN' s'inscrit sur l'écran, on ne peut que se réjouir de son
abolition. Merci monsieur Badinter, même si l'on peut regretter que la prévention des crimes n'ait pas pour autant avancé dans le même temps alors que la voie était
désormais ouverte pour y réflechir sérieusement.
Un grand merci à un homme de gauche appelle un grand merci à un homme de droite . Sur le plan humain, c'est du tout pareil : je trouve qu'on n'a pas assez crié bravo quand Chirac a
supprimé le service militaire obligatoire. L'idée que des appelés puissent aller mourir en Afghanistan ou ailleurs si cette loi n'existait pas me parait insupportable, même si l' on
peut regretter sincèrement que meurent des engagés volontaires.