COUP DE CHAPEAU A...
... Max Gallo
pour son deuxième livre sur la révolution française : « La Révolution française, Tome 2 : Aux armes, citoyens !, 1793-1799 »
Vous aimez les livres d'Histoire ? Vous vous êtes posés des questions sur la révolution auxquelles les manuels n'ont pas répondu ? Vous aimez les évènements historiques vu de
l'intérieur, loin des visions édulcorées, datées, épurées, aseptisées qui se suivent et se ressemblent ?
Max Gallo décrit l'enthousiasme, le désenchantement, l'accablement, tous les états d'âme des français depuis l'exécution de Louis XVI jusqu'à l'avènement de Bonaparte.
Je ne vais pas faire un résumé du livre qui mérite d'être découvert seul à seul avec son auteur mais soumettre à votre lecture une petite partie de l' interview de Max Gallo a accordé à Saïd
Mahrane.
Seriez-vous sur la ligne de ces auteurs marxistes et socialistes pour qui la Révolution n'est pas terminée ?
Un événement de cette ampleur n'est jamais terminé. Seulement, j'en tire une conclusion différente. En examinant la Révolution, on découvre combien, dans une société organisée, la sociabilité
entre les hommes est extrêmement fragile. Et qu'il suffit de quelques jours, parfois de quelques heures, pour que la barbarie des comportements humains rejaillisse. Je pense depuis toujours qu'un
des périls majeurs qui guettent nos sociétés contemporaines est l'irruption de la violence et des barbaries. C'est donc sans aucune indulgence que je considère la Révolution française par rapport
aux actes humains. Elle est un antimodèle qui pèse encore aujourd'hui. Le peuple français est capable de balayer en peu de temps une institution millénaire comme la monarchie. Il est toujours
dans la posture de pouvoir renverser un gouvernement. Selon lui, il n'y a pas de légitimité donnée, car les hommes politiques sont suspects. La période révolutionnaire les a montrés incapables de
régler les problèmes. On a faim en 1798 comme en 1788, malgré dix ans de violences. La guerre et le désordre ne règlent aucun problème. On découvre que les politiques sont des girouettes. Ceux
qui ont crié "vive le Roi !" ont ensuite suivi en cortège Robespierre et ont fini régicides.