LES CHIENS DE GARDE
Dressés par un maître parano, ils sont légataires de toute son agressivité. Parfois le
chien de garde est seul au milieu du sentier, parfois ils sont en meute. Dans tous les cas, ils ne font pas la part des choses entre la propriété privée et le passage
public. L'année dernière, alors que nous avions emprunté un chemin vicinal,
ils sont arrivés en ordre dispersé d'une ferme située à cinquante mètres de là, ils se sont postés devant la voiture en montrant leurs crocs
et en aboyant comme des monstres. Nous avons dû forcer le passage en prenant soin de ne pas en écraser un, même si l'envie de foncer dans le tas nous tenaillait. Heureusement pour eux, on
peut encore contrôler nos pulsions agressives par respect pour la vie sous toutes ses formes mais... Les plus coriaces nous ont alors escortés sur quelques cent mètres avant de se
décourager et de faire marche arrière.
Je n'aime pas l'appellation " chiennes de garde
" qui m'évoque les colosses ci-dessus, et même si l'action de ces dernières n'est pas dénuée de sens, chienne pour moi reste une injure adressée à une femme
et j'ai du mal à la prendre au deuxième degré.
Cette année, les " chiennes de garde " ont couronné Monseigneur Vingt-Trois, le macho de l'année pour sa déclaration sur radio Notre Dame du 6 novembre 2008
« Le plus difficile, c'est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête. »
Il a dit dans la tête hein. Pas confondre. C'est pas une vulgarité, c'est pire.
A ce propos, j'aimerais bien savoir pourquoi les religieux sont en soutane ou tout autre vêtement féminin qui évoque davantage une jupe qu'un pantalon.
Serait-ce par souci d'expier des idées négatives au sujet des femmes en s'identifiant à ces pauvres " sans cervelle" par le port d'un vêtement plus féminin que masculin
?
Chartre des chiennes de garde :
« Nous vivons en démocratie. Le droit est libre, mais tous les arguments ne sont pas
légitimes. Toute femme qui s'expose, qui s'affirme, qui s'affiche, court le risque d'être traitée de « pute » ; si elle réussit, elle est souvent suspectée d'avoir
« couché ». Toute femme visible est jugée sur son apparence et étiquetée : mère, bonne copine, bonne à tout faire, lesbienne, putain, etc. Ca suffit ! Nous, Chiennes de garde,
nous montrons les crocs. Adresser une injure sexiste à une femme publique, c'est insulter toutes les femmes. Nous nous engageons à manifester notre soutien aux femmes publiques attaquées en tant
que femmes. Nous affirmons la liberté d'action et de choix de toutes les femmes. Nous, chiennes de garde, nous gardons une valeur précieuse : la dignité des femmes. À bons entendeurs,
salut. »