SOUS PRETEXTE DE GRIPPE PORCINE...
...mais au nom de la discrimination entre les religions, le massacre des porcs continue
en Egypte, "
Seul pays au monde à avoir décrété, début mai, l'élimination d'un cheptel d'environ 250 000 porcs. Des intellectuels arabes, chrétiens ou musulmans, ont accusé le
régime de Hosni Moubarak d'avoir composé avec l'opposition islamiste
des Frères musulmans qui faisait campagne contre les élevages de cochons en terre d'Islam. Même le chef du conseil des fatwas de l'université Al-Azhar,
estime que tuer ainsi un animal est strictement interdit par l'Islam...Quel qu'il soit, y compris un porc. ".
Cependant malgré toutes ces oppositions, la tuerie continue. Le plus
important pour le gouvernement égyptien semble être de céder aux fanatiques religieux pour éviter leurs critiques.
Massacrer les porcs nuit aux plus pauvres
de la communauté des chrétiens coptes. Seuls, ils les élèvent. Vivant dans des quartiers submergés par les détritus, ils les utilisent comme des «trieurs
d'ordure. Le but de ce gâchis de ressources alimentaires est bien de les affaiblir et de les isoler un peu plus face aux musulmans.
De plus, les conditions du massacre sont révoltantes. Après avoir lu l'article du Monde et les mots
pour décrire cette barbarie ( jetés dans des bennes, entassés à coup de barre de fer, puis tués chimiquement avant d'être enterrés dans la chaux ...), je n'irai pas regarder
la vidéo.
Une pétition pour demander au gouvernement égyptien de mettre fin "à la tuerie brutale" des porcs a aussi été mise en ligne sur " Care2 ".
Sultan Mourad a fait preuve d'un soupçon d'humanité dans ce poème de Victor Hugo (la Légende des siècles),
pourquoi Mr Moubarak n'en ferait-il pas preuve lui aussi ?
...Le porc et le sultan étaient seuls tous les deux ;
L'un torturé, mourant, maudit, infect, immonde ;
L'autre empereur, puissant, vainqueur, maître du monde,
Triomphant aussi haut que l'homme peut monter,
Comme si le destin eût voulu confronter
Les deux extrémités sinistres des ténèbres.
Le porc, dont un frisson agitait les vertèbres,
Râlait, triste, épuisé, morne ; et le padischah
De cet être difforme et sanglant s'approcha,
Comme on s'arrête au bord d'un gouffre qui se creuse ;
Mourad pencha son front vers la bête lépreuse,
Puis la poussa du pied dans l'ombre du chemin,
Et de ce même geste énorme et surhumain
Dont il chassait les rois, Mourad chassa les mouches.
Le porc mourant rouvrit ses paupières farouches,
Regarda d'un regard ineffable, un moment,
L'homme qui l'assistait dans son accablement ;
Puis son oeil se perdit dans l'immense mystère ;
Il expira.
V.H
Que ce drame ne fasse pas oublier les élevages concentrationnaires en France, pour ces êtres sensibles et intelligents que sont les porcs.