UNE HISTOIRE DE CLE...
Lundi en fin d'après-midi, Aparnaa,
, son livre de bibliothèque sous le bras, est venue avec soeur et mère , me
lire une passionnante histoire de Lulu Grenadine. Celle où Lulu aime trop la télé. L'histoire a fait son chemin confirma Suba. Hier, au lieu de regarder la télé, Aparnaa
s'est enfermée dans sa chambre pour lire les aventures de Lulu à Sabrina
, bouche-bée devant tant de savoir.
- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Aparnaa le livre fermé et nos congratulations terminées.
Visiblement, elle avait un projet en tête et on ne tarderait pas à savoir lequel.
- On va pique-niquer au parc ?
Il était dix-huit heures quinze. Ce n'était pas dans mes projets de partir en pique-nique à une heure aussi avancée mais l'air était subtilement plein d'une joie que je ne
voulais pas troubler et d'ailleurs pourquoi pas une balade jusqu'à l'aire de jeux du parc avant le repas du soir ?
Comme le temps pressait, j'ai mis mon trousseau de clés dans la minuscule poche de mon jean's, et hop nous voila parties dans un grand élan d'improvisation joyeuse. En voiture
jusqu'aux abords de la grille
et à pied les quelques deux cents mètres qui nous séparaient de l'aire de jeux. Nous pourrions y rester une bonne
demi-heure.
Une fois installée sur un banc avec Suba, je posai machinalement la main sur ma poche et j'en sortis mon trousseau de clés. C'est alors que j'eus la désagréable
surprise de voir qu'il en manquait une : celle de notre deuxième voiture, la voiture que fort heureusement je n'avais pas prise mais qui est, elle aussi, d'une grande utilité. Elle avait dû
glisser pendant le trajet.
En repartant, Suba et moi avions les yeux au sol mais ne découvrîmes que des résidus de pique-nique. Même quête sans plus de résultat là où nous étions garés. Idem dans la
voiture sur et sous les sièges. A la maison mon dernier espoir s'évanouit, elle n'était pas restée coincée dans mon sac.
Le soir avec une amie, nous sommes allées refaire tout le parcours sans trop d'espoir. Le coucher de soleil sur Chelles et Vaires était sublime. Comme aurait dit Aparnaa, c'est trop bête de
rester scotché devant la télé alors que le meilleur moment de la journée c'est celui- ci. Je commençais sérieusement à penser donner un coup de téléphoner à Citroën pour en avoir une autre.
En plein mois d'août l'attente serait longue mais avions -nous d'autre choix ?
... QUI FINIT BIEN
Mardi matin, David me proposa de retourner au parc pour une dernière recherche. David est du genre à ne jamais renoncer. En arrivant près de la grille, il aperçut un employé de la
mairie muni d'une longue pince qui lui sert à ramasser les objets qui traînent.
- A tout hasard, je vais aller lui demander s'il n'aurait pas trouvé une clé, me dit-il pendant que je continuais à tourner autour des voitures pour déceler sans trop y croire un éclair
métallique.
Quand je relevai la tête, il leva la main dans ma direction avec un grand sourire :
L'employé venait de ramasser MA clé quelques minutes auparavant !
Moralité à ma sauce : Si elle a failli faire partir mon lundi en vrille, cette perte m'a permis de programmer à nouveau des balades à la tombée de la nuit et réappris (
c'est un perpétuel recommencement) à relativiser l'importance des choses.
Moralité générale : Il y a toujours d'heureuses coïncidences qui nous amènent au bon moment au bon endroit.