LE CONTE DU PENDU DEPENDU

Publié le par kéline

Un jour, un homme, par désespoir et aussi par autopunition, et encore par culpabilisation, car il voulait faire de la peine à son entourage, et aussi par un signe d'appel, car il ne se sentait pas entendu, et encore par défi, pensant que tout s'arrêterait...un jour, dis-je, un homme s'était pendu.
Il fut dépendu par quelqu'un qui passait par là.
Quand il ouvrit les yeux, il dit :
- C'est trop tard, vous auriez dû m'aider avant, m'aider à ne pas me pendre !
- Mais je ne vous connaissais pas ! dit le sauveteur inconnu.
- Cela ne fait rien, vous auriez dû quand même m'aider avant !
- Je passais juste par là.
- Justement, il ne fallait pas passer.
- J'ai pensé bien faire.
- Ceux qui disaient m'aimer pensaient eux-aussi bien faire...en ne faisant rien !
- Alors, j'aurais dû vous laisser mourir sans intervenir ?
- Non, intervenir avant que je me pende, me reconnaître, m'entendre, m'apprécier, m'aimer au besoin. Tout cela avant. Avant que mon désespoir ne me fasse douter de tout.
- Voulez-vous que je vous remette la corde autour du cou ? proposa l'inconnu.
- Surtout pas, je n'ai pas envie de mourir, j'ai besoin de parler.
- C'est que...Je n'ai pas le temps, je suis pressé.
- Oui, vous aviez seulement le temps de me dépendre ou de me remettre la corde autour du cou, pas de m'écouter.
- C'est tout a fait cela. Je suis pressé de vivre moi !
- Si un jour vous vous pendez, comptez sur moi, je ne vous décrocherez pas.
Je vais vivre avec cette idée, je sens qu'elle va me soutenir.

Il arrive ainsi à certains êtres d'avoir besoin pour survivre de s'opposer à toute tentative d'échange.
Ne croyez pas qu'il s'agit d'une histoire irréaliste. veuillez la relire et écoutez entre les mots.
                 Jacques salomé
Contes à guérir, contes à grandir
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Publié dans KELINE

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M
J'ai toujours apprécié lire J. Salomé ainsi que ses conférences. Je ne sais pas si tu as ce livre moi non mais je l'ai déjà feuilleté dans une librairie et il est rempli de belles réflexions. Contes à guérir et à faire réfléchir à tous...
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P
J'ai réussit à faire le deuil de sa mort, parce qu'on ne peut pas vivre avec des souvenirs aussi tristes que ceux là, mais je pense souvent à maman, comment arrive t'elle a réagir. Elle me surprend toujours : une maman courage, elle a tout, mais tout donné pour ses enfants.Ne sois pas désolé Kéline c'est la vie, on ne peut pas changer le passé, il faut penser au présent pour connaitre notre futur bonheur
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P
Ma maman a dépendu sa fille, c'est à dire ma soeur : je ne sais pas après une telle vision comment arrive t'on à survivre ?
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K
<br /> profondément désolée que cet article ait réveillé de si tristes souvenirs<br /> <br /> <br />
~
Les interlignes et les entre-mots ont beaucoup à dire...
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M
de prime abord un peu repoussant, forcément, l'sujet...j'adore ce conte, tellement vrai.j'en connais un rayon comme ça...c'est encore une fois très très justegros bisou
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J
Assez démoralisant, et au fond très désespérant..c'est ce qui se passe très souvent dans les hopitaux quand les gens font des tentatives de suicide, et que les médecins font tout pour réanimer le patient, mais que cela ne change rien à ses problèmes...On a plus le temps de rien, mais c'est normal, depuis des lustres, on nous bassine avec cette doctrine : "le temps c'est de l'argent", donc, plus le temps de s'intéresser à ce qui ne rapporte pas d'oseille..la rentabilité, c'est le maître mot de notre société actuelle..bisous et bonne journée :0010:
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B
saluton ne prend plus le temps de vivre et d'écouter les autresbonne journée
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E
pour moi le message est clair, le pendu veut être aimé, reconnu et entendu c'est un signe de désespoir face au sauveur pressé de vivre qui a juste eu le temps de le dépendre. En faite, c'est ce qu'on vit tout les jours indirectement, on a tous ce besoin de reconnaissance même dans l'absurdité, c'est beau, triste mais tellement réel que ce soit en amitié, en amour comme dans la mondainité, enfin je ne sais pas trop si j'ai bien compris mais du moins c'est ce que j'ai ressenti.
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K
<br /> tu as raison Etincelle on a tous besoin de reconnaissance et d amour mais le pendu dépendu  a t il reconnu la valeur du geste de cet inconnu en lui demandant encore plus et en lui<br /> disant qu il ne le dépendrait pas s il se pendait ?<br />  De la même façon on peut se poser des questions sur son sauveur quand il dit " je suis pressé de vivre moi " Dépendre le pendu sans dialoguer ne suffit pas<br /> pas facile de s entraider vraiment :)<br /> bisous et merci de ta réflexion sur le conte<br /> <br /> <br />
D
Je ne sais pas ce que sous-entend J. Salomé, mais le pendu dépendu me paraît être une victime oppressive. Il veut être entendu mais il n'est pas sûr qu'il entende ce qu'aurait à dire son sauveteur.Ce qui est vrai, en revanche, c'est que l'on n'est pas obligé d'envoyer des messages négatifs. En ce moment, j'anime un atelier de tricot : au cours de propos à bâtons rompus, les participantes évoquent leurs conversations avec leurs maris, leurs ex. ou leur père. Que de maltraitance verbale ! Je m'assigne un rôle : leur envoyer des messages positifs pour les encourager à avoir confiance en leurs capacités.
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K
<br /> j'irais  dans le même sens que toi en ce qui concerne le pendu dépendu<br />  en ajoutant comme tu le fais d'ailleurs :)) qu'il est important aussi d'envoyer des messages positifs aux gens maltraités comme il a dû l'être, j'ajouterais peut être à tort (? ) : sans<br /> être aussi pressé que le sauveur du dépendu qui a fait un geste très positif mais...<br /> <br /> <br />